L'amour dure trois ans. Frédéric Beigbeder.

L'amour dure trois ans. Frédéric Beigbeder.
On se marie exactement comme on passe son baccalauréat ou son permis de conduire: c'est toujours le même moule dans lequel on veut se couler pour être normal, normal, NORMAL, à tout prix. À défaut d'être au-dessus de tout le monde, on veut être comme tout le monde, par peur d'être en dessous. Et c'est le meilleur moyen de ruiner un amour véritable.

Le mariage n'est d'ailleurs pas seulement un modèle imposé par l'éducation bourgeoise: il fait aussi l'objet d'un colossal lavage de cerveau publicitaire, cinématographique, journalistique, et même littéraire, une immense intox qui finit par pousser de ravissantes demoiselles à désirer la bague au doigt et la robe blanche alors que, sans cela, elles n'y auraient jamais songé. Le Grand Amour, ça oui, avec ses hauts et ses bas, bien sûr qu'elles y penseraient, sinon pourquoi vivre? Mais le Mariage, l'Institution-qui-rend-l'Amour-Chiant, "le boulet de l'amour à perpétuité et de l'accouplement à vie" (Maupassant) : jamais. Dans un monde parfait, les filles de vingt ans ne seraient jamais attirées par une invention aussi artificielle. Elles rêveraient de sincérité, de passion, d'absolu - pas d'un type en jaquette de location. Elles attendraient l'Homme qui saurait les étonner chaque jour que Dieu fait, pas l'Homme qui va leur offrir des étagères Ikea. Elles laisseraient la Nature - c'est-à-dire le désir - faire son office. Malheureusement leur maman frustrée leur souhaite un malheur identique, et elles-mêmes ont vu trop de soap-operas. Alors elles attendent le Prince Charmant, ce concept publicitaire débile qui fabrique des déçues, des futures vieilles filles, des aigries en quête d'absolu, alors que seul un homme imparfait peut les rendre heureuses.

extrait de L'amour dure trois ans, de Frédéric Beigbeder.

# Posté le lundi 26 octobre 2009 16:55

Modifié le mardi 27 octobre 2009 19:59

La Cantatrice Chauve

La Cantatrice Chauve
M. Martin : Vous avez du chagrin ? (Silence)
Mme Smith : Non, il s'emmerde. (Silence)
Mme Martin : Oh, monsieur, à votre âge, vous ne devriez pas. (Silence)
M. Smith : Le c½ur n'a pas d'âge. (Silence)

# Posté le vendredi 09 octobre 2009 02:07

Il me faut une robe noire!

Il me faut une robe noire!
Ce soir, je délaisse un peu mes sujets habituels pour vous faire part d'un site internet que je suis avec enthousiasme. The Uniform Project c'est une fille qui a décidé de porter la même robe pendant un an (ok elle en a plusieurs exemplaires, quand même, un peu d'hygiène svp!) mais de ne pas avoir le même look une seule fois. À chaque jour, je vais faire mon tour sur son site pour voir ce qu'elle a inventé aujourd'hui. Personnellement, ça m'amuse beaucoup de voir qu'on peut réinventer un look complètement en changeant quelques éléments.

"Starting May 2009, I have pledged to wear one dress for one year as an exercise in sustainable fashion. Here's how it works: There are 7 identical dresses, one for each day of the week. Every day I will reinvent the dress with layers, accessories and all kinds of accouterments, the majority of which will be vintage, hand-made, or hand-me-down goodies. Think of it as wearing a daily uniform with enough creative license to make it look like I just crawled out of the Marquis de Sade's boudoir.
The Uniform Project is also a year-long fundraiser for the Akanksha Foundation, a grassroots movement that is revolutionizing education in India. At the end of the year, all contributions will go toward Akanksha's School Project to fund uniforms and other educational expenses for children living in Indian slums."


Voici le fameux site:
http://www.theuniformproject.com/

Donnez-moi en des nouvelles!

# Posté le jeudi 01 octobre 2009 00:22

Modifié le jeudi 08 octobre 2009 17:46

"Tonight your ghost will ask my ghost, who put these bodies between us."

"Tonight your ghost will ask my ghost, who put these bodies between us."
Un matin, il se réveille. Il se fait un café, s'installe devant la télé. Alors qu'il boit sa dernière gorgée, une chanson d'un autre temps commence à jouer. Il le sait très bien, ça devrait lui rappeler quelque chose. Il le sait très bien, chaque note est marqué au fer dans son coeur. Il le sait très bien, c'était quelque chose de profond en lui qui lui disait. Mais ce souvenir, disons cet vague idée d'une chose qui était suposément son passé, ne semblait pas du tout réel. Comme si c'était le souvenir de quelqu'un d'autre qui, ayant perdu son chemin, ce serait retrouvé dans ses pensées. Il se lève, va déposer sa tasse dans l'évier. Il se dirige vers la télévision qui lui crache toujours ce souvenir d'une autre vie au visage, et ces pieds glissent sur le sol. Son corps s'arrête, et dans une tristesse égarée, il se met à danser, les pas de cet autre qui vivait ce souvenir, ses pas. Comme s'il les connaissait vraiment, parce qu'il les connait vraiment. Il danse, il danse, tellement qu'il ne sait plus si son corps lui-même n'est pas une simple partie du souvenir. Son corps est impossible à contrôler, et il s'extasie de cet état. Son corps est dans une sorte de transe, jusqu'à ce que la dernière note joue, et qu'il s'effondre sur le plancher, immobile. Il ouvre légèrement les yeux, il se rappele ce rêve étrange, ce souvenir, il ne sait trop. Pourtant même s'il essaie de comprendre, illusion ou réalité, de toute façon, son coeur ne sera jamais sur qu'il l'est jamais vécu.

# Posté le lundi 21 septembre 2009 22:24

Modifié le lundi 21 septembre 2009 22:43